Coincée entre l’Ile de France, la Sologne, le Perche et la Touraine, la Beauce n’a jamais vraiment eu le loisir d’exister, autrement que comme « le grenier à blé » de la France, dans les classes de géographie des élèves du collège. Dans l’imaginaire, ce ne sont pas les Cornouailles ou les Cévennes, encore moins l’Aubrac ou le Quercy, ces «pays» qui ne sont ni des départements ni des régions, mais qui sont un appel à l’escapade d’un week-end ou carrément au changement de vie. Mais qui a envie de venir habiter en Beauce ?
Alors il fallait lancer un programme de valorisation du territoire beauceron. La région Centre Val de Loire s’y est collée. Elle l’a appelé Mon beau(ce) pays. Et un salarié est embauché pour parcourir la Beauce en tout sens : moi. Habillé d’un t-shirt et d’une casquette Mon beau(ce) pays, je sillonne le territoire avec une voiture aux couleurs de la Beauce. Ma mission : trouver, voire inventer, les raisons de faire de la Beauce un lieu de villégiature ou de repli pour parisiens en mal de nature.
Mais voilà qu’au milieu de ce « documenteur » en forme d’hommage à Luc Moullet, mon histoire familiale me revient en boomerang. Mon père est la dernière personne que je connaisse intimement à vivre sur ce territoire. Un territoire qu’il considère depuis plus de 50 ans comme transitoire alors qu’il va probablement y finir ses jours. En redécouvrant la Beauce, c’est aussi comme si je redécouvrais mon père, et mes racines.
Ensemble, on se met à parcourir la Beauce. Je filme mon père comme un territoire, et le territoire comme si c’était mon père.

Mon beau(ce) pays

Année
2022
Soutiens
Développement : Ciclic, Procirep-Angoa, Région AURA (développement)
Durée
52' (et compléments clips pour plateforme numérique et YouTube 5x2’)
Résolution
HD

Coincée entre l’Ile de France, la Sologne, le Perche et la Touraine, la Beauce n’a jamais vraiment eu le loisir d’exister, autrement que comme « le grenier à blé » de la France, dans les classes de géographie des élèves du collège.

Alors il fallait lancer un programme de valorisation du territoire beauceron. La région Centre Val de Loire s’y est collée. Elle l’a appelé Mon (Beau)ce pays. Et un salarié est embauché pour parcourir la Beauce en tous sens : moi. Habillé d’un t-shirt et d’une casquette Mon beau(ce) pays, je sillonne le territoire en caravane floquée aux couleurs (jaunes, évidemment) de la Beauce. Ma mission : trouver, voire inventer, les raisons de faire de la Beauce un lieu de villégiature ou de repli pour parisiens en mal de nature. Ce « docu-menteur », partant d’un postulat de fiction, est un appel à sillonner le territoire de part en part pour en dresser les contours et rencontrer ses habitants : des néo-ruraux fraîchement installés, une agente immobilier ravie de l’exode citadin post-covid, un journaliste local qui raconte « son » pays, un agriculteur qui nous décrit la Beauce d’avant l’industrialisation à outrance et même… mon père, qui vit depuis 50 ans à Châteaudun, au cœur de la Beauce.

Mon beau(ce) pays prend le pouls d’un territoire et révèle son âme contrariée par l’hyper-industrialisation agricole et la désertification culturelle. Tout au long du film, je tente, en tant que salarié consciencieux, de réaliser un clip promotionnel sur la Beauce. Images issues de tournage et/ou images d’archives : tout est bon pour essayer de découvrir des raisons de l’aimer…